Appel à contributions

Appel à contributions

Mobilité et déplacements en Afrique de l’Ouest « post-esclavage » :

Un dialogue Sud-Sud-Nord sur les concepts, les conflits et l’engagement civique. — Bamako, 1-6 décembre 2020* —

Un atelier du « Programme Point Sud », financé par le Goethe-Université de Francfort sur le Main et la Fondation Allemande pour la Recherche (DFG)

Organisateurs

Lotte Pelckmans, Université de Bonn (BCDSS-Centre de Bonn pour les études sur la dépendance et l’esclavage) & Université de Copenhague (AMIS -Centre d’études sur les migrations), pelckmans@hum.ku.dk
Paolo Gaibazzi, Leibniz-Zentrum Moderner Orient & Université de Bayreuth, Allemagne), paolo.gaibazzi@zmo.de

En collaboration avec Point Sud, Bamako.

Cet atelier se concentre sur les liens entre les mouvements et les héritages de l’esclavage en Afrique de l’Ouest contemporaine, en établissant des liens analytiques entre la migration, le déplacement et le (post- )esclavage. Notre point de départ est un « mouvement anti-esclavagiste » appelé Ganbana ou Ganbanaaxu –ce qui signifie « égalité » en soninké- et qui a pris de l’ampleur en Afrique du Nord et de l’Ouest depuis fin 2017. Le mouvement exige l’égalité et la dignité des personnes classées comme descendantes d’esclaves (komo) vis-à-vis des personnes d’ascendance libre, et en particulier de l’élite dominante (hooro). La mobilisation du Ganbana a été sans précédent par son ampleur et son escalade. Les nœuds diasporiques de migrants soninkés en Europe et dans le monde entier ont joué un rôle essentiel dans l’origine et l’évolution du mouvement. La mobilisation a suscité de fortes réactions et des contre-mobilisations dans une région où les questions de (post-)esclavage sont généralement passées sous silence dans le discours public. Des conflits violents et des déplacements internes ont eu lieu dans la région de Kayes au Mali et dans plusieurs autres régions soninkés en Gambie, au Sénégal, en Guinée Conakry et en Mauritanie.

Stratégiquement basé à Bamako, l’atelier vise à promouvoir les échanges entre les chercheurs, les experts et les membres de la société civile concernés par les développements liés au Ganbana. Dans le cadre d’un programme de rencontres plus large, il comprend une conférence de deux jours à vocation académique visant explicitement à situer le Ganbana dans une perspective comparative et historique plus large. Le présent appel à communications porte sur la partie académique de l’atelier. Il invite à des études de cas et/ou des réflexions qui abordent des questions spécifiques soulevées par ou comparables à celles du cas du Ganbana, tel que:

– Mobilité et mobilisation dans les contextes (post-)esclavagistes. Comprendre le cas Ganbana signifie comprendre la reproduction et la contestation de l’esclavage interne dans des contextes – tels que les communautés Soninke – fortement marqués par les migrations internes et internationales, les formations diasporiques et la transnationalité. Malgré une croissance exponentielle de la recherche sur les conflits, les déplacements et les migrations de/vers le Mali

et l’Afrique de l’Ouest ces dernières années, très peu d’études traitent du lien entre (post)esclavage, mobilisation et im/mobilité. La conférence accueille donc les communications qui peuvent retracer des trajectoires comparables dans la région et au-delà, et/ou stimuler le dialogue entre les études sur le (post)esclavage et les migrations / déplacements, en s’étendant aux études sur les mouvements sociaux.

– Déplacement et mobilité fugitive. En plus de se produire dans un contexte fortement migratoire, les conflits liés au Ganbana ont provoqué des déplacements internes ruraux, en particulier dans la région de Kayes au Mali. Cette « crise » a attiré une attention limitée et/ou tardive, surtout si on la compare à la « crise terroriste islamique » dans la région du Sahel – et, spéculativement, à la crise Covid-19 en cours de préparation. Alors que la crise « terroriste » a sans aucun doute généré davantage de réfugiés et de personnes déplacées, le profil relativement bas de la « crise » du Ganbana dans le discours et les politiques publiques reflète également, selon nous, un silence de longue date sur l’esclavage interne africain et son héritage qui continue à rendre « illisibles » (Murphy 2015) les déplacements forcés des marginalisés. S’inspirant du cas des personnes déplacées de la région de Kayes au Mali, nous demandons des documents qui remontent dans le temps pour retrouver ces mobilités illisibles, réduites au silence parce que fugitives dans la région et au-delà. Un accent complémentaire sur l’emplacement et l’immobilisation, que ce soit par des formes de négociation ou de conflit moins visibles, est également la bienvenu. Nous vous invitons aussi à nous faire parvenir des articles sur ce qu’une perspective (post-)esclavagiste peut nous apprendre sur les « déplacements » passés et actuels et leur gouvernance dans le Sahel ouest- africain et au-delà.

Bien que centrée sur le Sahel ouest-africain, la conférence aspire à créer un dialogue sud-sud-nord sur les processus à long terme de silence/contestation, d’im/mobilité et d’intégration/déplacement dans les sociétés (post-)esclavagistes.

Aspects pratiques

Tous les frais liés au voyage et au séjour à Bamako des conférenciers acceptés seront pris en charge par le Programme Point Sud. Les chercheurs en début de carrière et les chercheurs africains sont particulièrement encouragés à proposer une communication. L’atelier s’engage à promouvoir l’égalité des chances de participation en termes de genre, de religion et d’autres différences socioculturelles. Les propositions de communication peuvent être soumises en anglais ou en français. Nous fournirons une assistance de traduction pendant les sessions de la conférence académique. Toutefois, la conférence ainsi que les réunions avec les organisations régionales de la société civile, n’auront lieu qu’en français.

Délais*

Soumission des propositions (500 mots maximum) et un CV (2 pages maximum): 7 juin 2020 (par courriel aux 2 organisateurs).
Notification d’acceptation/refus : 30 juin 2020
Date limite pour les présentations/papiers complets : 15 novembre 2020

*Tous les dates et délais sont susceptibles d’être révisés en fonction de l’évolution de la situation relative au COVID-19.

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